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Un peu d'histoire...

L'histoire de Martelange 

Ce texte a été réalisé par le Cercle d'Histoire de Martelange. 

Martelange est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans le Pays d'Arlon et dans la province de Luxembourg, ainsi qu’une localité où siège son administration. La commune est composée des villages de Grumelange, Radelange et Martelange, ainsi que des hameaux de La Folie, Neuperlé et la Roche percée.

De 1830 à 1947, Martelange fut un des hauts lieux de l'industrie de l'ardoise qui a aujourd'hui totalement disparu.

Le village est connu pour la route nationale 4 qui le traverse et fait office de frontière avec le Luxembourg. Le long de celle-ci, côté luxembourgeois, se trouvent bon nombre de stations-service qui sont la caractéristique de l'endroit, bien qu'elles se trouvent donc sur le territoire de Rombach-Martelange, le village luxembourgeois avec lequel elle forme un continuum bâti depuis la scission du Luxembourg par le traité des XXIV articles (19 avril 1839) qui coupa le Grand-duché de Luxembourg et le village en deux entités distinctes.

Crédit: ardennes-etape.be
Crédit: ardennes-etape.be

Vestiges gallo-romains et voie romaine

Martelange, petite commune située à la frontière entre la Belgique et le Luxembourg, possède des traces d’occupation humaine remontant à l’époque gallo-romaine. Des vestiges de cette période ont été découverts, notamment des poteries et des monnaies. La commune se trouvait à proximité d’une voie romaine importante reliant Arlon à Tongres. Cette route stratégique facilitait les échanges commerciaux et le mouvement des troupes romaines dans la région. La position géographique de Martelange a ainsi fait d’elle un lieu de passage et d’échanges dès l’Antiquité.

ardennes-etapes.be
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Début de la paroisse (vers l’an 800)

La paroisse de Martelange est mentionnée dans un acte de donation par l’évêque Walcand de Liège à l’abbaye de Saint Hubert en 817. À cette époque, le christianisme s’implante solidement dans les régions rurales, et les premières églises sont érigées. La paroisse de Martelange, dédiée à Saint-Martin, se développe lentement, devenant un centre spirituel et communautaire pour les habitants de cette région forestière. Sa création coïncide avec la structuration des premières communautés chrétiennes dans ce qui deviendra plus tard la région wallonne.

Période autrichienne et la Voie Marie-Thérèse

Durant le XVIIIe siècle, la région de Martelange passa sous domination autrichienne. L’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg chercha à moderniser les infrastructures des Pays-Bas autrichiens, dont Martelange faisait partie. La création de la “Voie Marie-Thérèse”, une route stratégique reliant Vienne à Bruxelles, permit de relier plus efficacement la commune au reste du territoire. Cette route qui facilitait le transport de marchandises, notamment des ardoises extraites des carrières locales, participa à la prospérité de la région.

"La liberté guidant le peuple" par Eugène Delacroix - Wikimedia Commons
"La liberté guidant le peuple" par Eugène Delacroix - Wikimedia Commons

Révolution française et l’école des sœurs maristes

La Révolution française, à la fin du XVIIIe siècle, bouleversa profondément Martelange. La commune, annexée par la France, subit de nombreuses réformes, notamment la suppression des structures ecclésiastiques et l’abolition des privilèges. La paroisse, longtemps au cœur de la communauté, perdit temporairement de son influence. Cependant, avec la restauration de la paix, l’école des sœurs maristes fut fondée au début du XIXe siècle, jouant un rôle crucial dans l’éducation des jeunes filles de la région. Ce fut une institution marquante pour le développement éducatif local.

Les ardoisières

L’exploitation des ardoisières constitue un chapitre majeur de l’histoire de Martelange. Dès le XIXe siècle, la région devint un centre important pour l’extraction de l’ardoise, matériau précieux utilisé dans la construction. Les ardoisières de Martelange, très prisées pour la qualité de leurs pierres, attirèrent de nombreux ouvriers. Le village prospéra grâce à cette industrie, qui permit de diversifier l’économie locale. Cependant, la concurrence internationale et les changements techniques entraînèrent un déclin progressif de cette activité au XXe siècle, laissant derrière elles un riche patrimoine industriel à préserver.

La frontière (1839)

En 1839, la création de la frontière entre la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg modifia profondément la structure de Martelange, la scindant en deux entités distinctes. Une partie du village se retrouva du côté belge, tandis que l’autre fut rattachée au Luxembourg. Cette séparation artificielle affecta les habitants et la dynamique de la commune, créant un contexte unique où cohabitaient deux juridictions. Cette situation allait influencer les relations sociales, économiques et administratives pour les décennies à venir. Cette frontière est délimitée par une succession de bornes en fonte ou en pierre numérotées. 

Station SNCV de Martelange / Belgique (Photo collection: Jean Dahlem)
Station SNCV de Martelange / Belgique (Photo collection: Jean Dahlem)

La voie du vicinal

La voie vicinale de Martelange, située en Belgique, faisait partie d'un réseau de chemins de fer locaux reliant les petites communes rurales. Elle desservait Martelange et son industrie locale. La gare de Martelange jouait un rôle important dans le transport de marchandises et de passagers, facilitant les échanges économiques avec les régions environnantes. Envisagé la première fois en 1886, la ligne passant par Martelange fut terminée fin 1905. En 1953, pour des raisons économiques, la SNCV sollicitera du gouverneur de la province l’autorisation de créer un service public d’autobus entre Martelange et Arlon.

Première et Deuxième Guerre mondiale

Martelange fut profondément marquée par les deux guerres mondiales. Lors de la Première Guerre mondiale, la commune subit l’occupation allemande et des réquisitions, bien que relativement épargnée par les combats directs. 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la situation fut plus dramatique. Le 10 mai 1940, la 1re Panzerdivision allemande franchit la frontière belgo-luxembourgeoise à Martelange, où se trouve la 4e compagnie du 1er régiment de Chasseurs ardennais. Après avoir détruit les ponts pour ralentir l'ennemi, les soldats belges se replient face à la supériorité des renforts allemands, laissant plusieurs prisonniers et quatre morts. Un monument représentant un sanglier commémore les régiments de chasseurs ardennais se situe sur le tracé de l’ancienne route mais visible de la RN4. 

L'ancien camping du Ranch.
L'ancien camping du Ranch.

Tourisme et camping

À partir des années 1950, Martelange commença à se tourner vers le tourisme pour diversifier son économie. Les forêts et paysages pittoresques attirèrent les campeurs et les amateurs de plein air. La commune développa des infrastructures de loisirs et encouragea l’exploitation de campings et de gîtes pour accueillir les touristes. Le tourisme devint un secteur important, contribuant à la renommée de Martelange en tant que destination de détente.

Catastrophe de Martelange

Le 21 août 1967, Martelange fut frappée par une catastrophe qui marquera a jamais la commune. Un incendie gigantesque ravagea plusieurs commerces et maisons, causant de lourds dégâts humains et matériels. Cette tragédie soudaine détruisit une partie du patrimoine local et mit en lumière les vulnérabilités d’accès a commune. 

Stations essences et la Rombach (déclin des commerces côté belge)

La présence de nombreuses stations essence du côté luxembourgeois, attirant les automobilistes pour des prix plus attractifs, entraîna une baisse d’activité de l’autre côté de la frontière. Ce déclin économique affecta et affecte toujours les commerces belges.

Aujourd’hui

Aujourd’hui, Martelange est une commune dynamique qui mise sur ses atouts naturels et culturels pour se développer. Si l’industrie de l’ardoise appartient au passé, le village met en valeur son patrimoine, tout en accueillant des visiteurs grâce à ses infrastructures de loisirs et ses sentiers de randonnée. Le village a su s’adapter aux défis économiques posés par la frontière et continue de prospérer dans un contexte binational unique, faisant de Martelange un lieu à la fois témoin de l’histoire et tourné vers l’avenir. La commune de Martelange compte en 2024 une population de 2 064 habitants, répartis sur une superficie de 29,98 km².

Maison communal, maison du Parc naturel Haute-Sûre Forêt d'Anlier et office du tourisme

L’administration communale racheta au début des années 2000 l’ancien moulin Kuborn pour y installer son administration et permettre l’implantation de la Maison du Parc Naturel de la Haute-Sûre Forêt d’Anlier. Ce bâtiment a subi plusieurs transformations au fil des ans. Initialement utilisé pour la meunerie, l'huilerie et la scierie, le moulin a progressivement été modernisé pour produire de l’électricité et alimenter le village dès 1942. 

Aujourd'hui, la Maison du Parc est un lieu d’accueil et d’information, ouvert toute l’année, qui met en avant la richesse naturelle et culturelle de la région. Elle propose des expositions permanentes et temporaires, des films, des maquettes interactives, ainsi que des activités pédagogiques sur la biodiversité locale. En tant que vitrine du Parc Naturel Haute-Sûre Forêt d’Anlier, la Maison met l’accent sur la valorisation des patrimoines naturels et culturels du territoire par l’installation de l’office du tourisme dans ce bâtiment.

Sources :

  • SCHMIT, Camille, in, "Regards sur Martelange", Foyer culturel Martelange, 1992
  • SCHMIT, Camille, in, "Nouveaux regards sur Martelange", Foyer culturel Martelange, 1994
  • https://www.ardennebelge.be/diffusio/fr/p/decouverte-et-divertissement/le-village-de-martelange-martelange_TFOALD-01-08H4-0RG7/
  • https://www.routedelardoise.com/haut-martelange/