Passer au contenu Passer au pied-de-page

4. La Cloche de la Chapelle de Grumelange

Un si joli son

D’où vient donc ce son si doux et si pur que l’on peut ouïr dans la vallée, tôt le dimanche matin ? Il provient d’un joli hameau, discret et blanc, Grumelange, que l’on découvre au détour d’un chemin champêtre tout mouillé de rosée. La Sûre l’enlace et le protège de ses brumes. Ce son si mélodieux, c’est celui de la petite cloche de la chapelle ; elle invite les fidèles à l’eucharistie dominicale avec tellement d’entrain que leur foi en est renforcée et leur âme en fête.

Un vieux Grumelangeois nous a narré son histoire. Nous sommes au dix-septième siècle. Les habitants de Grumelange viennent d’édifier leur jolie chapelle et désirent l’agrémenter d’une cloche. Heureusement, ils peuvent compter sur la bienveillance et la générosité du maire de Martelange, Johan von Reichling, et de celle de toute sa famille. Les Reichling sont riches : ils sont les propriétaires du Reit’schen Hof, une grosse ferme employant plusieurs journaliers toujours occupés à couper les blés et à nourrir les bêtes. Emu par l’intention des Grumelangeois, le vieux maïeur demanda à l’un de ses fils, d’ailleurs appelé Johan tout comme lui, d’aider les paroissiens de Grumelange à réaliser leur souhait.

Le jeune Johan qui fut colonel d’un régiment d’infanterie du conseil de guerre du roi d’Espagne était un homme bon. Comme son père en avait exprimé le désir, il se rendit dans le hameau en compagnie d’un fondeur de cloches qu’il avait rencontré à Luxembourg. Tous deux se mirent à frapper aux portes que les habitants ouvrirent aussitôt. Johan leur demanda divers métaux destinés à fabriquer la cloche. Dès que la tournée fut achevée, notre ami et le vieux fondeur se rendirent compte qu’il était impossible de fondre une cloche avec le peu de métal recueilli. Le vieil homme pourtant prêt à effectuer son travail devant la chapelle où il avait improvisé un atelier en fit part aux Grumelangeois qui, on s’en doute, furent bien déçus. C’est alors que, discrètement, Johan von Reichling montra à l’assistance un chaudron rempli d’argent qu’il avait dissimulé jusqu’à ce moment. La population du hameau, comblée, applaudit et remercia son bienfaiteur. C’est alors seulement que le vieux fondeur put réaliser l’alliage des métaux collectés avec l’argent de Johan et qu’il fondit cette cloche appelant encore de nos jours les chrétiens à la messe de son si joli son.

L'ouvrage "Légendes de la Forêt d'Anlier"

Le texte est issu de l'ouvrage "Légendes de la Forêt d'Anlier" de l'auteur martelangeois Franz Clément publié aux éditions Memory. 

Résumé : Propice aux mystères comme toute grande forêt, celle d’Anlier recèle de nombreux trésors légendaires cachés. L’auteur nous les présente ici sous la forme d’une réinterprétation.En effet, ces récits figuraient initialement dans l’ouvrage «Wintergrün» paru en 1890 à Arlon sous la plume de Nicolas Warker.Le lecteur visitera ces endroits répartis sur Attert, Fauvillers, Habay, Léglise et Martelange.

Le livre est disponible à la vente ici.